LA PRESSE
"Imaginez un
boxer qui se léve le matin en se répétant: Je serai
champion du monde!" Voilà qu'un jour cela arrive, il gagne
le championnat. Désormais, il va se demander ce qu'il veut être
maintenant.". Par ctte parabole, Laurent Le Doyen explique ce qu'il
a vécu avec "Le Gerfaut". Tout petit, déjà,
il imaginait de grands envols de cape et d'épée, il chevauchait
l'aventure; à vingt-deux ans, après de superbes expériences
au théâtre, on lui offrait son rêve sur un plateau.
"J'avais une candeur qui fait que tout peut réussir. je
l'ai perdue en prenant les choses un peu trop au sérieux."
Qutre ans et trois rediffusions plus loin, il fait le bilan et mesure
la distance parcourue. D'abord, dans l'euphorie du succès et
de ses suites, avec le tournage en Allemagne: à peine sacré
héros de télévision, le voilà qui se reconvertissait
dans le cinéma. Et puis la chute. Neuf mois de chômage,
ce film attendu qui ne sort pas en France-"TF1 l'a acheté
mais jamais diffusé". Assaut de doutes, "la tête
dans l'eau". L'intermède précédait une nouvelle
époque. "Le métier a refait appel à moi, sous
les traits de Caroline Huppert." Elle proposait à Laurent
le rôle d'Axel de Fersen dans son "Marie-Antoinette",
avec Emmanuelle Béart. "Moi qui n'avais fait que des premiers
rôles, je me retrouvais, paradoxalement, avec quatre scènes
à jouer, dans la peau des acteurs qui font de petites apparitions,
n'ont le temps de connaître ni l'ambience, ni tous les membres
de l'équipe."
Le temps de la paternité - Il a continué aux Etats-Unis
avec un rôle dans "La nuit du sérail", la satisfaction
que l'on garde sa voix (et son anglais) pour la version définitive,
et la frustration de voir couper au montage cinquante pour cent
de sa prestation. Puis, via l'Italie, il est parti en Afrique tourner
l'épisode test d'une série vue par Roger Vadim. Premier
rôle ... mais projet sans suite. Enfin il y a seize mois, Emma
est arrivée. Une fille qu'il n'avait pas vraiment prévue,
"mais si j'avais pu rêver d'un enfant, elle aurait été
exactement commeje la vois maintenant."Pour sa naissance, il a
refusé des projets de tournage: "Si elle naissait, grandissait
sans moi, à quoi je servais? Je l'ai vu ouvrir les yeux à
la vie,et je n'aurais raté ça pour rienau monde."
Il s'est même fait père au foyer puisque la maman avait
beaucoup à faire (elle est créatrice de costumes). Et
voilà que ce temps de paternité a permis son renouveau
proffessionel. Laurent Le Doyen s'est remis au théâtre
- qu'il avait oublié - dans des cours-laboratoires (en ce moment,
un atelier sur Shakespeare).
Il a monté une pièce avec des amis, "Perceval",
création autour des chevalier de la table ronde oùu il
est Lancelot. Six représantations seulement dans le gymnase de
l'île Saint-Denis, mais le public était au rendez-vous et "l'urgence
de chaque soir, l'obligation de se dépasser: j'ai retrouvé une rigeur,
une étique et une intégrité, l'âme de mon métier." Aventure à suivre
la saison prochaine. Michèle Lantéri- photo Marc Seguin
<<
| La Presse | >>
L'
Album Photo | Screencaptures |
Video downloads | Wallpapers




